La passerelle Léopold Sédar Senghor à Paris

passerelle Léopold Sédar Senghor

21 Juin La passerelle Léopold Sédar Senghor à Paris

Et voici le dernier volet de notre série sur les planches célèbres. Nous terminerons donc avec la passerelle Léopold Sédar Senghor à Paris.

 

Après les planches de Deauville et le parvis de la Bibliothèque François Mitterrand, intéressons nous à cette superbe passerelle.

La passerelle Solférino qui relie le quai Anatole-France au jardin des Tuileries fut construite entre 1997 et 1999 par l’architecte Marc Mimram. Elle est composée d’une arche de 106 mètres de portée. Elle est accessible à pied depuis les quais haut et bas.

Anciennement appelée passerelle Solférino, elle a été renommée passerelle Léopold Sédar Senghor en souvenir du poète et chef d’État sénégalais, académicien français le 9 octobre 2006.
À chacune de ses extrémités, les piliers en béton qui composent ses fondations plongent de 15 mètres sous terre et sa structure est un assemblage de six éléments de 150 tonnes usinés par la société Eiffel.

Traversant la Seine d’une seule arche sans pilier dans le fleuve, cette passerelle métallique est revêtue de lames d’Ipé rainurées. Cette option a été choisie pour des raisons de sécurité et pour éviter les glissades. Néanmoins pour encore plus de sécurité on a ajouté sur toutes les lames une large bande antidérapante, pas très esthétique. La passerelle est érigée sur deux niveaux (berges et quais) qui se rejoignent au centre. Les lames de terrasse sont fixées par des boulons directement sur la structure métallique. Le travail de mise en oeuvre a dû être considérable et ce choix est discutable.
Les boulons sont fixés soit au centre ou sur un côté des lames, ce qui a tendance à long terme de favoriser le tuilage. Par chance, ce risque est minimisé par la faible largeur des lames. Les têtes des boulons sont très visibles et donc peu esthétiques.

Dans le cahier des charges, l’accès à la fois des quais hauts et des quais bas et le respect de l’environnement architectural font face à plusieurs difficultés : côté rive droite, la liaison au niveau du quai haut est problématique en raison de la présence de la voie express ; côté rive gauche, la voie sur berge rend la liaison au niveau du quai bas dangereuse.
L’architecte opta pour un ouvrage (140 m) de métal soudé (fer et aluminium) et de bois exotique à arche unique – favorable à la navigation – doublée au niveau du tablier, reliant tant les quais hauts que les quais bas.
Ainsi, légèrement galbés, les deux passages latéraux se posent comme deux balcons, véritables belvédères sur le fleuve et le paysage de la capitale à cet endroit particulièrement flatteur.

Sur une place centrale s’articulent les différents itinéraires de promenade possibles vers les quais bas, rive droite ou rive gauche vers le port de Solferino. Sur l’allée centrale plusieurs bancs, l’éclairage s’inscrivant dans les montants des garde-corps. Mise en oeuvre en 1997, la nouvelle passerelle est terminée en 1999.
L’arceau en métal est composé de six éléments. Légèreté, finesse, transparence, équilibre sont autant de mots qui inspirent les chroniqueurs évoquant la passerelle, édifice qui concilie l’ouverture sur l’eau, sur le ciel et sur la magnifique géographie urbaine environnante.